spectacle LES NOIRS à Arles

Publié le par cleg

En prélude à la Féria du Riz, Arte y Toros propose
le spectacle "LES NOIRS"
créé d'après les textes poétiques de Patrick Espagnet
ARLES, Théâtre Municipal
le jeudi 11 septembre, 21 heures

"Pendant une heure et demis la poignante poésie de Patrick Espagnet prend la voix magnifique et épouse les traits puissants du comédien et metteur en scène Maxime Leroux. Rarement il est permis d'entendre autant de choses aussi belles, graves, drôles et dites avec autant de justesse sur le monde des toros, des férias, des aficionados"... - Journal du Prix Hemingway -

Réservation ouverte dès le 10 Août 2008 auprès de la Boutique des Passionnés
04 90 96 59 93, possibilité de paiement à distance par Carte bancaire
    18 euros = tarif plein
    15 euros = réduit (étudiants, demandeurs d'emplois, groupe de 10 et plus)
Attention, le nombre de places est limité.

Voir  la revue de presse

L’auteur :
«Patrick Espagnet a été retrouvé mort le 18 janvier 2004 dans le petit appartement où il vivait seul, à deux pas de la place de la Victoire, au centre de Bordeaux. Il n’avait pas encore 54 ans, il s’était replié sur l’écriture comme on s’agrippe à une bouée. Patrick avait des projets, des manuscrits en vrac dans ses tiroirs et des envies de romans, une soif jamais éteinte de littérature, la seule, depuis l’enfance, qui ne l’ait jamais trahie. Soif, justement. L’alcool comme une fièvre, comme une brûlure, comme une fascination. Mais aussi l’alcool comme passerelle, comme lien d’humanité, comme fenêtre ouverte sur les éclats du monde...»
- extrait de Prince noir, texte inédit deJacques Maigne -

Un drame poétique de Patrick Espagnet
Les lectures-spectacles initiées par Arte y Toro ont révélé un auteur trop peu connu, Patrick Espagnet, dont le recueil de poèmes intitulé « Les Noirs », Los Negros, (Eds Loubatières) est peut être l’œuvre la plus aboutie. Un opus poétique consacré à la vie, aux combats, aux rêves qui sait ? et à la mort des toros braves. Aux histoires d’hommes et de femmes autour d’eux. Aux bouillonnements de leurs fêtes, et aux drames qui s’y nouent.
Un recueil, d’une beauté et d’une sensibilité saisissante, qui font dire à Pierre Albaladéjo, qui a cosigné avec Vincent Bourg dit « Zocato » la préface, com- bien « la brutalité apparente du phrasé et la délicatesse du propos s’enlacent, se marient, se fondent dans un climat voluptueux et tragique ».
Cette poésie, ardente et profonde, est un voyage intense au cœur d’un des pans essentiels de la culture des Suds traduite en images incandescentes. Elle en dit son âme. C’est comme une clameur à qui au fond, il ne manquerait que la parole -celle de l’acteur- pour prendre corps, et l’espace scénique pour se mettre en regard.
Le spectacle proposé repose avant tout sur la puissance émotionnelle des mots d’Espagnet. «Les mots qui vibrent, les mots qui tremblent, les mots qui vivent, les mots qui restent », comme l’écrit si fortement Jacques Maigne. C’est ce qu’a compris le comédien - homme de théâtre et de cinéma- Maxime Leroux, qui a signé l’adaptation. Et qui se met seul en scène, sous le regard complice et fraternel de cet autre « maestro » des planches qu’est Bernard Murat, en jouant (se jouant ?) des métaphores qu’autorisent les techniques d’images et de sons d’aujourd’hui.
Les « Noirs» sur scène, c’est aussi une évocation : celle du personnage d’Espagnet, truculent, soiffard, jubilatoire, jouisseur, désespéré, complexe, et donc humainement freéquentable. L’occasion pour nous de lui remettre notre tourée...
- Daniel Saint-Lary Directeur artistique -

Le sourire derrière la moustache...
La prose d’Espagnet, son style sa langue ses mots, c’est comme si on mâchait une motte de terre arrosée d’une gorgée d’eau du ruisseau ou mieux d’un verre de vin du cru, fort en goût et en degré tiré d’une vieille barrique, dans la fraîcheur de la cave, avec des odeurs de sous-bois ou d’étable, de ventrêche qui coule sur la braise. C’est une écriture de sensations qui file la chair de poule, vous ferme les yeux et vous fait décoller dans les songes, et les souvenirs...
...Un des talents d’Espagnet résidait dans sa force à mêler les contraires, à marier les oppositions. On essaiera de le suivre sur ce chemin. C’est cet habillage de sons et d’images, entre réalisme et abstraction, entre écran source unique d’éclairage et élément de jeux d’images, entre témoignages enregistrés et jeu d’acteur, entre travail du peintre et de celui du cinéaste, qui donnera du rythme à la pièce. Les mots du poète jouant sur leur propre tempo. C’est cette mayonnaise de sons, d’images et de mots qu’il s’agit de monter. A la main.
J’ai encore ce livre dans les mains. Il parle des noirs, de los negros, du sud, des gitans, des brunes aux seins de lait et aux cuisses de marbre, de ces gamins « efféminés » qui se frottent à des monstres de 600 kgs... Je suis normand, si loin de ce monde ; chez nous les noirs sont marrons et blancs, ils ont un anneau dans le museau et sont d’une placidité rassurante ; il pleut tout le temps, les filles sont le plus souvent blondes, ont les joues roses et de grosses fesses et les gitans sont des voleurs de poules...
Mais voilà, j’ai lu « Les Noirs». Depuis, il me faut faire ce spectacle ; il me faut jouer de ces textes de fou furieux qu’était Patrick, le petit talon de Grignols qui se marrait derrière sa moustache après avoir enquillé quelques pressions... Maintenant, Il me tarde.
- Maxime Leroux -

Avec l’aimable complicité de Bernard Murat...
Une pièce à partir de poèmes autour du monde du toro et des ferias du sud dont il est un aficionado fidèle ? L’idée l’a d’emblée séduit. Et il y a posé son regard de maestro. Lui qui emprunte volontiers dans son métier de directeur d’acteurs aux images fascinantes de l’arène, a du sentir comme un souffle rauque et puissant monter des mots d’Espagnet. Un souffle ? Plutôt une entreprise en déconstruction, qui autorise toutes les audaces scéniques, tous les détournements et toutes les fragilités. Avec la vérité au bout quand il y a danger de mort... ou  danger de vie. Le fil du rasoir et celui de la corne. L’homme de théâtre le sait bien. Un acteur, n’est au fond qu’un « passeur » qui s’expose...

Le texte "Les Noirs" de Patrick Espagnet (Ed Loubatières) sera vendu par la Boutique des Passionnés à l'issue du spectacle. Egalement disponible sur son  site 

Publié dans Spectacles

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